Ne demandez pas à voir l'Université d'Oxford, elle n'existe pas. L'Université n'existe qu'à travers ses collèges, ce qui peut rendre son organisation difficile à saisir au premier abord. Les étudiants qui s'inscrivent à l'Université choisissent, comme dans toutes les universités, leur branche principale et une série de cours à options. Par contre, ce qui est plus caractéristique, chaque étudiant est également invité à choisir un collège auquel il sera rattaché (s'ils ne le fait pas, un collège lui sera assigné d'office). Le collège est, grosso modo, l'entité qui se charge de la vie quotidienne des étudiants. Il offre le logement, la nourriture tant terrestre (dans ses cafétérias) que spirituelle (dans sa chapelle), des loisirs, ses bibliothèques, etc. Comme les étudiants, chaque professeur est rattaché à un collège, qui lui offre les mêmes services. Certains professeurs logent dans des logements de fonction aux allures de manoir...
Les étudiants et les professeurs sont en général très attachés à leur collège, à tel point qu'un esprit de clan a tendance à voir le jour. Des rivalités parfois virulentes surgissent entre les collèges. C'est le cas, par exemple, entre Saint John (le collège dans lequel je loge, et auquel je suis donc, plus ou moins, rattaché), et Keble (un collège plus moderne, fondé au XIXème siècle dans un esprit de réformation de l'Université). Ce dernier est construit dans le plus pur style victorien, et sa façade de briques rouges est parcourue à intervalles réguliers de lignes de briques blanches rehaussées de quelques rares briques noires. C'est pourquoi le club Destroy Keble, fondé par des étudiants de Saint-John et dont l'objet social n'appelle aucun commentaire au vu de son nom explicite, exigeait qu'on produise une brique de la façade de Keble pour pouvoir y être accepté; pendant un an si la brique était rouge, cinq ans si elle était blanche, et à vie dans le cas d'une brique noire. Depuis, le club a officiellement été dissous...
Si la vie de collège est à la base de la vie universitaire à Oxford, l'essentiel de la vie académique ne se déroule pas dans le collège. Les cours sont organisés par les différents départements (informatique, mathématiques,...) qui regroupent les enseignants dans la branche en question, issus des différents collèges, ainsi que leurs chercheurs. C'est également dans les départements que la recherche prend place.
Le département d'informatique (de l'Université donc - il n'est pas rattaché à un collège en particulier) se trouve dans un bâtiment, un peu en-dehors du centre, dont la genèse est assez unique. Les Anglais ont décidément la délicieuse habitude de faire du neuf avec du vieux: ce bâtiment est constitué de plusieurs maisons victoriennes contiguës qui ont été rachetées par l'Université, et dont on a fusionné les espaces intérieurs. Mais qu'on ne s'y trompe pas: il ne s'agit pas du façadisme cher aux architectes bruxellois. La structure interne des différentes maisons a été en partie préservée, si on excepte les passages percés dans les murs afin d'assurer la communication entre les différents édifices.
Le résultat est digne de Dédale, et il m'a fallu deux jours pour retrouver la salle café après mon arrivée ! On ne peut faire cinq mètres dans ce bâtiment sans devoir monter ou descendre une volée de quelques marches (tout en restant pourtant au même étage), ni sans devoir obliquer pour suivre les méandres du couloir qui contourne l'une ou l'autre ancienne cage d'escalier... Ainsi, dans mon bureau, un des murs porte encore les traces d'une porte, aujourd'hui murée, dont les moulures à l'ancienne qui en formaient l'encadrement sont encore bien visibles. De même, un des murs est vraisemblablement "d'époque" - à en croire la rectitude toute relative de la couche de plâtre - alors qu'un autre est visiblement fait de plaques de plâtres. Ajoutons à cela que le bâtiment a été récemment agrandi, en béton cette fois-ci, mais avec une façade en brique dans le style de ses respectables congénères. Il n'est pas difficile de se rendre compte qu'on passe de la partie ancienne à la partie moderne du bâtiment, car l'on sent sous ses pieds les grincements du plancher vénérable qui cèdent leur place à la régulière solidité du béton armé !
Quand je me penche un peu par la fenêtre de mon bureau, j'ai une très belle vue sur la chapelle de Keble, qui est encore loin d'être à court de briques...
Les étudiants et les professeurs sont en général très attachés à leur collège, à tel point qu'un esprit de clan a tendance à voir le jour. Des rivalités parfois virulentes surgissent entre les collèges. C'est le cas, par exemple, entre Saint John (le collège dans lequel je loge, et auquel je suis donc, plus ou moins, rattaché), et Keble (un collège plus moderne, fondé au XIXème siècle dans un esprit de réformation de l'Université). Ce dernier est construit dans le plus pur style victorien, et sa façade de briques rouges est parcourue à intervalles réguliers de lignes de briques blanches rehaussées de quelques rares briques noires. C'est pourquoi le club Destroy Keble, fondé par des étudiants de Saint-John et dont l'objet social n'appelle aucun commentaire au vu de son nom explicite, exigeait qu'on produise une brique de la façade de Keble pour pouvoir y être accepté; pendant un an si la brique était rouge, cinq ans si elle était blanche, et à vie dans le cas d'une brique noire. Depuis, le club a officiellement été dissous...
Si la vie de collège est à la base de la vie universitaire à Oxford, l'essentiel de la vie académique ne se déroule pas dans le collège. Les cours sont organisés par les différents départements (informatique, mathématiques,...) qui regroupent les enseignants dans la branche en question, issus des différents collèges, ainsi que leurs chercheurs. C'est également dans les départements que la recherche prend place.
Le département d'informatique (de l'Université donc - il n'est pas rattaché à un collège en particulier) se trouve dans un bâtiment, un peu en-dehors du centre, dont la genèse est assez unique. Les Anglais ont décidément la délicieuse habitude de faire du neuf avec du vieux: ce bâtiment est constitué de plusieurs maisons victoriennes contiguës qui ont été rachetées par l'Université, et dont on a fusionné les espaces intérieurs. Mais qu'on ne s'y trompe pas: il ne s'agit pas du façadisme cher aux architectes bruxellois. La structure interne des différentes maisons a été en partie préservée, si on excepte les passages percés dans les murs afin d'assurer la communication entre les différents édifices.
Le résultat est digne de Dédale, et il m'a fallu deux jours pour retrouver la salle café après mon arrivée ! On ne peut faire cinq mètres dans ce bâtiment sans devoir monter ou descendre une volée de quelques marches (tout en restant pourtant au même étage), ni sans devoir obliquer pour suivre les méandres du couloir qui contourne l'une ou l'autre ancienne cage d'escalier... Ainsi, dans mon bureau, un des murs porte encore les traces d'une porte, aujourd'hui murée, dont les moulures à l'ancienne qui en formaient l'encadrement sont encore bien visibles. De même, un des murs est vraisemblablement "d'époque" - à en croire la rectitude toute relative de la couche de plâtre - alors qu'un autre est visiblement fait de plaques de plâtres. Ajoutons à cela que le bâtiment a été récemment agrandi, en béton cette fois-ci, mais avec une façade en brique dans le style de ses respectables congénères. Il n'est pas difficile de se rendre compte qu'on passe de la partie ancienne à la partie moderne du bâtiment, car l'on sent sous ses pieds les grincements du plancher vénérable qui cèdent leur place à la régulière solidité du béton armé !
Quand je me penche un peu par la fenêtre de mon bureau, j'ai une très belle vue sur la chapelle de Keble, qui est encore loin d'être à court de briques...
1 commentaire:
Des photos, des photo, des photo!?
I you please, of course, mister Gilles ^_^
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