Comme je n'ai pas encore reçu la University card qui devrait me permettre, entre autres choses, d'accéder librement aux bâtiments du laboratoire, par le truchement des lecteurs magnétique qui en gardent toutes les portes, chacune de mes entrées se fait par la réception. L'Université emploie décidément un personnel important car la réceptionniste change chaque jour, ou presque. De ce fait, je décline chaque jour mon identité, et explique ce que je viens faire là, afin qu'on me laisse entrer.
Ce midi, néanmoins, une conversation s'engage avec la réceptionniste, qui me demande combien de temps je resterai au laboratoire. Je réponds à sa question et lui explique que j'espère bien recevoir sous peu la carte qui m'évitera de l'importuner à l'avenir. Ce à quoi elle me répond (4 jours après mon arrivée, donc): "oh, but, do you want a temporary card ?"
Un peu étonné, et craignant une nouvelle procédure administrative, je tente d'expliquer que, si c'est compliqué, cela n'en vaut pas la peine, car ma demande est déjà introduite pour la carte "définitive", que j'attends incessamment... Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que la réceptionniste sort de dessous son bureau un gros paquet de cartes magnétiques, dont elle en extrait une. "We have temporary cards for visitors", me dit-elle. Et effectivement, la carte que je reçois est toute blanche, à l'exception de l'indication "visitor", et d'un numéro qui y ont été portés au marqueur indélébile.

Deux minutes plus tard, après que mon nom eut été soigneusement consigné dans un registre, je poussais, la poitrine gonflée d'une fierté de conquérant libre et indompté, les vantaux jusque là rebelles de la porte du laboratoire; porte que j'avais moi-même déverrouillée à l'aide de ma "temporary card for visitor".
Une nouvelle après-midi de travail pouvait commencer...
1 commentaire:
Je ne savais pas qu'on s'amusait autant à Oxford. A moins que ce ne soit ta façon de voir le choses
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