mardi 11 mars 2008

Entrez votre broche et votre billet sera réparti...

Ce matin, à la gare de londonienne de Paddington, où j'achetais mon billet pour Oxford, le terminal de paiement dans lequel j'introduisais ma carte de crédit, m'indique - en français - qu'il me faut "introduire ma broche". Interloqué dans un premier temps, et craignant qu'une nouvelle diablerie de clef ou de carte magnétique soit nécessaire pour continuer, je comprends qu'il me faut traduire cette phrase en anglais, de façon tout à fait littérale, avant de pouvoir la restituer correctement dans ma propre langue: "introduire votre broche": "enter your pin". Evidemment ! c'est le code de ma carte que cette machine m'invitait à composer, à l'aide de son message qui, censé aidé le chaland, lui cause en fait une certaine confusion. On aurait pu dire également: "introduisez votre punaise", ou encore "introduisez votre goupille"...

Cela m'apprendra peut-être à être plus indulgent envers les nouveaux distributeurs de tickets de métro installés à Bruxelles. Quand l'anglais est la langue choisie, ceux-ci indiquent: your ticket is being distributed; ce qui, à mon avis, est un contresens. To distribute implique une notion de répartition: il s'agit de distribuer, certes, mais un grand nombre de choses que l'on répartit entre différents récipiendaires. On peut, par exemple, distribute des feuillets parmi les membres d'un groupe, ou bien des journaux chez les abonnés. Mon on ne distribute pas un seul ticket à une seule personne... sans quoi on pourrait bien s'attendre à le réceptionner en petits morceaux !

Il serait sans doute plus correct de dire your ticket is being delivered, bien que le verbe to deliver a malheureusement ouvert la porte à un autre contresens, en français cette fois. Par deliver il faut entendre "distribuer" ou "livrer", mais certainement pas "livrer". On délivre un prisonnier de sa geôle, on délivre un oiseau de sa cage; mais on ne délivre pas un ticket, et encore moins un courrier électronique, comme nous l'assènent pourtant les logiciels de messagerie traduits avec peu de soin.

Ceci dit, la palme de la traduction bancale revient certainement à ce gadget fabriqué en Chine et vendu à l'occasion d'une coupe du monde de football; dont l'emballage traduisait "for all the fans of the world cup" par "pour tous les ventilateurs de la tasse mondiale"...

Go to, let us go down, and there confound their language, that they may not understand one another's speech !

2 commentaires:

Danielle a dit…

aahhh BABEL, quand tu nous tiens...

Unknown a dit…

J'ai bien ri en lisant ton récit !
Si ça peux te rassurer, les traductions allemandes sur les prospectus de la STIB ne valent guère mieux !

by the way, je pense qu'il s'agit de la gare de London Paddington, et non Padigton ;-)

David