jeudi 13 mars 2008

A tale of three terms

L'année académique à Oxford est divisée en trois terms, que l'on peut rapprocher des quadrimestres en vigueur en Belgique depuis la récente réforme de Bologne. Comme de coutume ici, ces terms portent des noms fleuris, hérités d'une tradition qu'on imagine séculaire (et même si elle ne l'est pas, elle en donne l'impression, ce qui est sans doute l'essentiel).

Le premier term se déroule à peu près du début du mois d'octobre au début du mois de décembre, et s'appelle Michaelmass, ce qu'on peut traduire par "la Saint-Michel" (la fête du saint patron de l'ULB - ne l'oublions pas - a en effet lieu le vingt neuf septembre). Cette année, Michaelmass commence le sept octobre et se termine le premier décembre. Le second term s'appelle Hilary, et s'étend du début du mois de janvier au début de mois de mars. Je suppose qu'il s'agit d'une référence à Saint-Hilaire, dont la fête a lieu le treize janvier (par chance, Hilary commence justement le treize janvier cette année, et se termine le huit mars). Le troisième et dernier term se nomme Trinity et prend place de la mi-avril à la mi-juin (du vingt avril au quatorze juin cette année). Chez les Chrétiens, la fête de la sainte Trinité a lieu une semaine après la pentecôte, c'est-à-dire généralement vers la fin du mois de mai, ou le début du mois de juin. Cela tombe donc vers la fin du Trinity term. Si je peux facilement comprendre que les Anglais ont choisi les fêtes de Saint-Michel et la Sainte Trinité comme points de repère dans l'année académique, tant ceux-ci sont importants pour les Chrétiens, j'ai un peu de mal à saisir l'origine de la référence à Saint-Hilaire, qui était évêque de Poitiers... Est-ce seulement une coïncidence du calendrier ? Mystère...

Il est assez utile d'être au courant des noms des terms, et de leurs dates, tant ceux-ci ont une influence sur la vie du collège. De nombreuses dates sont communiquées en référence aux terms: on parlera de la 3ième semaine de Trinity, de la dernière semaine avant Hilary, etc. Les étudiants à Oxford ont l'obligation de résider dans la ville pendant les terms. Quant aux undergraduates (grosso modo les bacheliers, au sens du système "Bologne"), ils doivent avoir rejoint le collège quelques jours avant le début des terms, mais rentrent habituellement chez leurs parents quand ceux-ci se terminent. Les services offerts par le collège sont dès lors modifiés en-dehors des terms: les heures des repas sont modifiées, il n'y a plus de messe à la chapelle, la bibliothèque ferme plus tôt (en écrivant cette liste d'exemples, je me rends compte qu'elle laisse décidément peu de doutes sur mes centres d'intérêts...) et surtout, le fameux second sitting est annulé.

C'est bien dommage, car j'avais déjà pris la peine de consulter le dress code, qui explique en détail ce qu'il faut porter et en quelle occasion. En effet, il serait illusoire de croire qu'il suffit de porter la toge (et encore faut-il savoir comment: couleur du capuchon, chapeau, etc, tout cela importe). Le site web de l'Université explique avec force détails comment s'habiller en fonction de l'occasion, du "grade" (étudiants, doctorant, professeur, etc), et même du public (on ne s'habille pas de la même manière si le Chancellor est présent). Même le vêtement porté sous la toge (appelé subfusc) a son importance et est codifié... Par exemple, lors des examens, l'impétrant se présente en toge, avec capuchon et chapeau carré, et porte le subfusc: chemise blanche, pantalon noir et noeud papillon blanc pour les garçons; jupe noir, chemisier blanc et cravate noire pour les jeunes femmes. Par contre, pour les garden parties, seuls la toge et le capuchon sont nécessaires. Pour les docteurs, il y a jusqu'à sept tenues différentes qui doivent être choisies en fonction des circonstances...

L'événement du jour est l'arrivée de ma carte - officielle cette fois-ci - de l'Université, sur laquelle je suis rebaptisé "Giles" (avec un seul l) Geeraerts. Comme une des rues principales d'Oxford - celle où se trouve Saint-John's - s'appelle Saint-Giles, ce n'est qu'à moitié surprenant (j'ai pourtant rempli le formulaire moi-même, ce qui exclut à peu près tout risque d'erreur à ce niveau). Ajoutons que la photo qui y est apposée a été prise une demi-heure après mon arrivée à Oxford, après un voyage de six heures. C'est dire si j'y arbore un sourire radieux. On comprendra alors à quel point je suis ravi de détenir là un tel souvenir dont le potentiel comique ne fera que croître avec le temps...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Une semaine sans nouvelle, que se passe-t-il?